La bière et la brasserie... d'hier et d'aujourd'hui
ABBAYE
NOTRE DAME DE SCOURMONT
-
BIÈRES DE CHIMAY
Abbaye Notre Dame de Scourmont
Route Charlemagne, 8
B-6464 BAILLEUX
C'est à l'initiative de l'abbé Jean Baptiste JOURDAIN, curé d'un village voisin, qu'un groupe de 17 moines trappistes, issus de Westvleteren près de Ypres, s'établit, en 1850, sur une terre du plateau du Mont du Secours, offerte par le prince Joseph de Chimay, à Scourmont. Cette terre était inculte et pleine de pierres, les conditions climatiques étaient médiocres...
Dès les premiers jours, les moines allaient défricher le terrain et bâtir leurs futures habitations. En 1863, leur monastère s'élevait enfin au milieu de la campagne rendue fertile par leurs soins.
Le 14 septembre 1871, ce monastère était érigé en abbaye et le 21 novembre, le révérend père DOM HYACINTHE BOUTECA recevait la bénédiction abbatiale...
Cette nouvelle abbaye allait prendre tout d'abord le nom de NOTRE DAME DE LA TRAPPE SAINT JOSEPH : suivant les statuts de l'Ordre de Cîteaux, tous les monastères sont obligatoirement dédiés à la Vierge Marie et portent le nom de NOTRE DAME suivi du terme toponymique de la localité soit NOTRE DAME DE SCOURMONT.
L'abbaye de Chimay appartient à l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance (appelé communément Trappiste) et s'inspire des règles de vie trappiste définies au 17èmesiècle par l'abbé de Rancé. Ce courant monastique plonge ses racines dans la règle et les traditions définies au 12èmesiècle par Saint Bernard, moine à l'abbaye de Citeaux et fondateur de l'abbaye de Clairvaux. Les moines de Chimay travaillent de 4h30 à 20h00 : lecture spirituelle et travail manuel de 4 à 5 heures maximum
Dès le début de son supériorat, le père HYACINTHE BOUTECA songea à doter l'abbaye d'une brasserie qui assurerait, avec la ferme, des revenus suffisants pour faire vivre une communauté toujours plus nombreuse.Il en reçoit l'autorisation le 28 novembre 1861...
Les bâtiments de la brasserie, comme ceux de la laiterie furent terminés en 1862 et les dernières autorisations arrivèrent le 10 janvier 1863 de la Députation du Conseil Provincial du Hainaut : « le sieur BOUTECA LIÉVIN est autorisé à établir pour le service de la Trappe, à Forges, deux machines à vapeur destinées, l'une de la force de huit chevaux pour faire mouvoir les meules et les accessoires de la brasserie, l'autre de la force de un cheval pour battre le beurre... »
Ils commencèrent à brasser : tout d'abord une bière double, dite de Bavière. Mais après quelques brassins, ils y renoncèrent. Ils décidèrent alors de produire une bière plus forte, mise au point par le père HYACINTHE et dont la recette sert encore de base à la bière actuelle.
A partir de 1864, les moines brassèrent de façon plus régulière, mais il fallait écouler la bière : ils firent donc de la propagande pour leur bière qui ne tarda pas à acquérir sa réputation et à attirer de nombreux clients.
Jusqu'en 1866, la mise en bouteille et l'emballage se fit dans les caves de la cuisine et quelquefois, les moines allaient livrer eux-même leur production.
Après quelques temps, l'abbaye expédia deux sortes de bières : l'une était dite « bière forte hygiènique » au prix de 0,55 F et l'autre, à partir de 1875, « bière goudronnée » au prix de 0,70 F (verre compris). Ces deux bières étaient identiques sauf que la seconde était stockée dans des fûts préalablement goudronnés. Quand la brasserie fut bien organisée, les moines produisirent une bière plus légère pour leur consommation personnelle.
La première guerre mondiale entraîna l'arrêt des activités de la brasserie (1915) qui ne reprendront qu'en 1919. La bière de nouveau produite à partir de 1920 était une « bière intermédiaire », qui titrait entre 4 et 4,5%. Et la qualité laissait à désirer...
Durant la seconde guerre mondiale, l'abbaye fut réquisitionnée par les Allemands et partiellement détruite. Après-guerre, elle fut reconstruite par les moines. Et ils profitèrent de cette reconstruction pour tout repenser en fonction des acquis : DOM ANSELME, le père-abbé, désigne, en 1946, le Père Théodore responsable de la fabrication de la bière : il va reprendre le chemin des études et participera aux cours dispensés à Louvain par Jean DE CLERK, sommité du monde agricole de l'époque.
En 1948, le Père Théodore isole les cellules de levures qui sont encore aujourd'hui à la base de la fabrication des bières de l'abbaye. C'est à Pâques de cette même année qu'est lancé un brassin prototype, qui deviendra la CHIMAY BLEUE. La bière et le fromage furent de plus en plus appréciés et les moines se virent obligés d'augmenter leur production pour satisfaire une clientèle venant de toute la Belgique.
En 1955, ; les ventes prenant de l'ampleur, l'abbaye décida de confier la distribution de sa bière à la brasserie de la PERLE pour une grande partie de la Belgique.
En 1966, création de la CHIMAY BLANCHE.
Le soutirage est transféré en 1978 au complexe industriel de Baileux, qui héberge également l'usine d'embouteillage, les services marketing et commerciaux.
La salle de brassage est rénovée en 1989, ce qui permet de réaliser deux brassins quotidiens.
En 1999, la production atteint 105 000 hl.
A la retraite du Père Théodore, le Père VINEL lui succède, deux ans plus tard il est lui-même remplacé par DOM THOMAS VILAIN, qui mourut en juin 2000.
Face au succès, les moines voulant préserver leur quiétude, déléguèrent l'essentiel des responsabilités liées à la gestion de l'activité brassicole à des laïcs, dans le site (embouteillage, expéditions et organisation administrative) de Bailleux, situé à quelques kilomètres du monastère, mais la fabrication reste à l'abbaye, sous la surveillance de Dom Armand VIEILLEUX, l'actuel père-abbé...
Les moines de Chimay soutiennent, dans le cadre de la formation "Chimay Wartoise", en collaboration avec la fondation "Roi Baudoin", une série de projets de développement socio-économique dans la région.
Les bières de CHIMAY sont autorisées à arborer le loge « Authentic Trappist Product »
Les bières de Chimay sont au nombre de cinq:
CHIMAY ROUGE, bière brune, qui refermente en bouteille, baptisée "Première", car elle fut la première à être brassée par les trappistes. De couleur cuivrée, elle a une odeur fruitée d'abricot, elle titre 7% et s'apprécie à 10-12°C.
CHIMAY BLANCHE, ou Triple, baptisée "Cinq Cents", nommée ainsi en 1986. De couleur dorée, au goût de houblon et de levure, elle titre 8% et se consomme à 6-8°C.
CHIMAY BLEUE, baptisée "Grande Réserve", nommée ainsi en 1982, elle existe également en magnum de 1,5 litre. Cette bière est à l'origine une bière de Noël. La première production eut lieu en 1948, et son succès fut tel, que les moines l'élaborèrent toute l'année. C'est une bière titrant 9%, à l'odeur de levure fraîche, se consommant à 10-12°C.
CHIMAY DORÉE, la petite dernière, à l'origine, c'était la bière quotidienne des moines, titre 4,8%. Elle est mise à disposition des consommateurs depuis 2013, mais de façon limitée. On peut la déguster à l'auberge de Poteaupré, juste à côté de l'abbaye...
CHIMAY SPÉCIALE CENT CINQUANTE, est une édition spéciale de 150 000 bouteilles de 75cl, brassée en 2012 à l'occasion du 150ème anniversaire de la brasserie. Elle est blonde et titre 10%.