La bière et la brasserie... d'hier et d'aujourd'hui
En 1098, un petit groupe d'hommes, des moines bénédictins, choisit de retourner aux sources des traditions anciennes, qui avaient fondé le mouvement monastique en Occident. Ils étaient fidèles à leur père fondateur, Benoît, qui, au 11èmesiècle avait rédigé la "Règle", régissant le comportement des moines : obéissance, silence, pauvreté et humilité, partageant la vie du moine entre travail, études et méditation…
Ces hommes, sous la gouverne de Robert de MOLESMES, s'établirent à Cîteaux (Cistercium) en Bourgogne, les CISTERCIENS étaient nés. Les trois fondateurs de l'Ordre, Robert, Aldéric et Étienne ont su définir avec justesse la position juridique du monastère et établir les normes concernant la pauvreté individuelle , l'hospitalité, les futures fondations d'abbayes, l'équilibre de la vie monastique, etc...
En 1112, Bernard DE FONTAINE entra à Cîteaux et en devint l'un des principaux promoteurs à travers la création de plusieurs monastères qui essaimèrent par la suite.
Les cisterciens furent les fondateurs d'un Ordre qui devait rapidement couvrir l'Europe de monastères, contribuant ainsi activement au développement de la civilisation occidentale. Son développement fut constant pendant des siècles à travers tout l'Occident.
Du 14èmeau 16èmesiècle, l'Ordre connut une période difficile, au cours de laquelle de nombreux monastères disparurent.
Aux 16èmeet 17èmesiècles, l'influence de divers mouvements culturels ou de société aboutit à un certain relâchement et à l'abandon progressif du caractère contemplatif que l'Ordre possédait à ses origines.
Au 17èmesiècle, d'interminables querelles internes aboutirent en 1666 à la création de deux observance, l'une mitigée, l'autre plus rigoureuse dite « stricte observance ».
Parmi les partisans d'un retour aux observances primitives, l'abbé Armand-Jean LE BOUTHILLIER DE RANCÉ (1626-1700) occupe une place particulière dans l'histoire cistercienne. Abbé commendataire de l'abbaye de la Trappe à Soligny, dans l'Orne, depuis 1663, il se heurta à de nombreuses résistances des autres abbayes cisterciennes dans son souhait de retour aux sources. Face à cette résistance, il développa au sein de son monastère une règle de vie austère, interprétant la règle de Saint Benoît à partir de la tradition monastique primitive. La communauté de la Trappe resta solidaire et fervente: les premiers "TRAPPISTES" étaient nés.
Un peu plus tard, Dom Augustin de LESTRANGE intégra l'abbaye de la Trappe. Quand parut, en 1790, le décret de la Constituante supprimant les vœux de religion, il fit en sorte que la communauté puisse s'exiler. Abritée à Val-Sainte (Suisse), cette communauté essaima, notamment à Westmalle. Dom Augustin, reconnu par le Saint-Siège en 1794 comme abbé de la Val-Sainte de l'Ordre de Cîteaux et de la Congrégation de la Trappe, considéra que son autorité s'étendait sur toutes ses fondations, puis sur les moniales. La Congrégation de la Trappe était née.
Puis l'exil se poursuivit dans d'autres pays, jusqu'à ce que la situation se régularise et que la communauté puisse, en 1815, réintégrer l'abbaye de la Trappe. DE LESTRANGE fut parfois accusé d'autoritarisme. Certains lui ont reproché d'avoir enfreint l'esprit de la Charte de la Charité. Il n'en demeure pas moins le sauveur de son Ordre et son restaurateur en France.
En 1847, trois congrégations de trappistes existaient autour notamment de Darfeld et de la Trappe, qui respectaient des observances différentes, autour des règlements de Rance pour Darfeld et autour des anciens us de Cîteaux pour la Trappe.
A la fin du 19èmesiècle, sous l'impulsion du pape Léon XIII, les diverses congrégations voulurent se rapprocher et s'unir. L’Ordre des Cisterciens de la Stricte Observance était alors créée le 8 décembre 1892. Ce nouvel ordre, bien qu'appartenant à la famille cistercienne, se différenciait de l'Ordre des cisterciens de la commune observance, que l'on nommera désormais cisterciens.
On devient moine après une période de probation, successivement comme stagiaire, postulant et novice. Le moine promet de n'avoir de richesse que Dieu (vœu de pauvreté), de n'obéir qu'à Dieu seul et à sa parole (vœu d'obéissance) et d'aimer Dieu seul (vœu de célibat). Tout cela est vécu dans une communauté familiale durable (vœu de stabilité).
Le moine est un indicateur de Dieu. Ainsi que le dit Saint Benoît dans sa règle monastique (vers 540), le moine ne préfère rien à l'"Œuvre de Dieu", dans tout ce qu'il fait, le moine s'applique à être à l'écoute de Dieu. "Écoute" est le premier mot de la Règle bénédictine…
Le silence et la vie en solitude sont d'une importance vitale dans la vie d'un moine. Ils ne sont pas un but en soi, mais le chemin emprunté par le moine pour écouter Dieu et pour demeurer en sa présence. Ce silence intérieur, le moine le recherche dans toutes ses activités, travail au jardin, au verger, à la cuisine, à la boulangerie, etc...