La bière et la brasserie... d'hier et d'aujourd'hui
Dès l'Antiquité, la bières est divinisée : MARDOUKà Summer, OSIRISen Égypte, DYONISOSchez les Grecs,ANUou DANAen Irlande,CERESchez les Gaulois et encore THORchez les Vikings... Elle fait partie des offrandes rituelles faites aux divers dieux ou déesse ; en Chine, on la répand sur le sol lors des enterrements. GLOSSAIRE MYTHOLOGIQUE
Christoff WEIGE, une sommité de Ratisbonne, précurseur des historiens de l'alimentation d'aujourd'hui disait en 1698 : « L'art de faire de la bière est un don des dieux. Aux temps où personne ne savait encore à quoi on pourrait bien employer l'orge, Dyonisos apprit aux hommes des régions où la vigne ne pousse pas à faire de la bière afin qu'ils ne soient pas contraints à boire de l'eau comme oies et canards ».
DYONISOS
Boisson sacrée dans sa conception, la bière était roturière dans sa commercialisation : à Babylone, la bière est l'apanage des Tsabitus, tenancières de « maisons de la bière ». Elles servent la bière dans des coupes d'or ou de terre selon le rang du client. Par contre, la bière est interdite aux prêtresses. Le code d'Hammourabi(1728-1685 avJC) est implacable en la matière : « Toute prêtresse ou grande prêtresse vivant non cloîtrée, sera, si elle ouvre une maison de bière ou si, visitant une maison de bière, y consomme de la bière, condamnée à être brûlée par le feu. ».
En Égypte,OSIRIS, dieu protecteur des morts et roi des champs d'Ialou, symboles de la végétation est considéré comme l'inventeur de la bière. Le pharaon était enterré avec 19 sortes de bières (ou plus parfois) pour se désaltérer pendant son voyage vers l'au-delà. Une brasserie a été découverte dans le temple solaire de Néfertiti, épouse du pharaon Akhenaton.
Liquide fermenté, la bière s'apparente, chez les Nordiques et les Germains à l'hydromel, né, tout comme elle, de la salive des dieux et du sang de KVASIR, personnage mythique né du crachat des dieux et de ceux du peuple des Vannes pour sceller leur réconciliation. Les nains GALARet FIALARle tuèrent et mélangèrent son sang à du miel, le mirent dans deux cuves nommées Bodnet Sonet un chaudron Odroeir, nom qui désigna ensuite l'hydromel. Pendant les banquets du Walhalla, les Walkyries apportaient l'hydromel et la bière aux « Einheriar », les guerriers morts et servaient à boire aux « Ases », première grande famille des dieux.
Guerre entre les "Ases" et les "Vanes"
Chez les hommes du nord, boire abondamment était perçu comme un acte d’héroïsme. On prête serment aux dieux comme à son roi ou à son chef avant de gigantesques beuveries et pendant ce temps là, les femmes n'arrêtent pas de brasser pour satisfaire les dieux et les hommes...
Dans la mythologie germanique, on peut lire : « Ce roi était déjà marié à Signy quand il épousa Geirhild sur le conseil d'un de ses courtisans qui l'avait vu faire de la bière. Mais les deux femmes ne purent s'accorder et le roi décida de garder celle qui lui ferait la meilleure bière à son retour de la guerre. Alors, les deux reines rivalisèrent d'adresse dans la confection de la bière. Signy implora Freysa, mais Odin assura lke triomphe de Geirhild en lui prêtant sa salive comme levure. »
De grande réputation, la bière égyptienne s'exporte très bien au point d'arriver en Grèce. Les Grecs et les Egyptiens la diffusent tout au long de leurs conquêtes. Ainsi, les Celtes d'Occident apparurent pour la première fois dans les annales historiques au cinquième siècle avant notre ère. C'étaient des fermiers (Keltoi) organisés en tribus, qui avaient quitté leur région entre Dniepr et Volga pour venir au nord des Alpes, dans la péninsule du Pô, en Asie Intérieur, en Gaule, en Ibérie et dans l'archipel britannique. Chez eux, Céres, déesse des céréales et des moissons, veillait, le 4 octobre du calendrier celtique, à l'élaboration du premier brassin annuel de la « cervoise ».
Reine de toutes les fêtes, la cervoise est assortie de jus de pomme lors de la célébration de « Samain », la fête des morts, à l'occasion de laquelle, les guerriers celtes consomment des quantités phénoménales de cervoise, persuadés qu'elle leur assurera l'immortalité.
Aux dires des druides, la bière est née de l'écume du dieu LUG, le dieu lumineux, fils de DAGDA, le dieu suprême, et sa préparation échoit au forgeron GOIBHNIU, un membre de la tribu de DANA. Servie aux banquets de dieux, cette boisson, faite d'eau de source, de céréales et de feuilles de frênes, s'avère magique et confère l'immortalité aux guerriers invités à la boire. Concoctée ensuite par les druide, elle est agrémentée d'anis, de fenouil, d'absinthe ou de sauge et elle a pour réputation de guérir de nombreux maux, de désaltérer et de provoquer l'extase.
« Samain » est transformée en « Toussaint », « Beltaine » en « Saint Jean », la chrétienté fonde nombre de ses mythes sur les ruines de croyance celtiques. Ainsi, SAINTE BRIGITTE, patronne de l'Irlande est l'illustration garante de la perpétuation indirecte du caractère sacral de la bière. Sa fête est célébrée le même jour que la fête d' »Imbolc ». Elle y est décrite comme la déesse de la fertilité capable de produire de prodigieuses quantités de lait et de beurre à l'intention des voyageurs et de transformer l'eau de son bain en cervoise, afin d'étancher la soif des religieux lors de leurs séjours dans les monastères.