La bière et la brasserie... d'hier et d'aujourd'hui
SOLESMES
Au 58 rue Emile Duée, se tenait une ferme-brasserie, fondée en 1850 par Jean-Baptiste DELACROIX, qui restera dans la famille jusqu'à la cessation
d'activité vers 1950, date à laquelle elle est transformée en dépôt de boissons pour la brasserie LEDUC à Bruille lez Marchiennes (59), puis
pour la brasserie BARÉ à Valenciennes. . La ferme existait déjà en 1788, date inscrite au dessus de la porte de la grange. Les pièces où l'on
fabriquait la bière s'élèvent face à la maison d'habitation et aux dépendances disposées autour d'une cour pavée ; la malterie, arrêtée en 1914, a perdu sa toiture typique. Les bières
produites étaient livrées en fûts, puis en bouteilles à bouchons mécaniques. En 1930, la brasserie produisait 4 000 hl et employait 5 ou 6 ouvriers à temps plein.
Aux 53 et 55 rue de l'Abbaye, la brasserie dite de l'ABBAYE, fondée vers 1750, a cessé de fonctionner en 1957, date à laquelle elle a été transformée en dépôt de boissons. Les installations et matériels ont été modernisés vers 1900, occupée en 1918, elle est remise en état de marche en 1920, et produit 25 000 hl. Érigée en 1837 sur le site de l'ancien prieuré dépendant de l'abbaye de Saint Denis, qui abritait déjà une brasserie, la ferme-brasserie-malterie HERMAN-DELAPORTE fonctionnera jusqu'en 1899, puis elle porte le nom de CHIRIS-DELAPORTE, devient vers 1925, la propriété de la famille DE LA ROCHE DU RONZET jusqu'à sa fermeture. En 1927, elle produisait 30 000 hl et en 1946, 50 000 hl de bières nommées SELVA, SOLPA et SALZA. A cette époque, la brasserie employait 50 personnes... A gauche de l'entrée, l'ancienne malterie s'élève aux côtés de l'ancienne brasserie. La maison patronale est datée de 1876 et l'atelier de fabrication de 1899. En façade, sur la rue, des panneaux de céramique polychromes agrémentés de feuilles et de cônes de houblon indiquent la raison sociale de l'établissement. Sur les pignons, les lucarnes et ferronneries évoquent les produits agricoles à la base de la fabrication de la bière. L'ancienne tonnellerie est datée de 1780 et complétait la ferme attenante à la brasserie.
VENDEGIES SUR ECAILLON
La brasserie BISIAU-ROMBAUX, aux n° 50 et 58 route de Valenciennes, illustre le modèle de la ferme-brasserie traditionnelle. Construite en 1778, comme l'indique la date portée sur le l'entrée, la ferme s'est adjoint une brasserie vers 1890. En 1893, elle est au nom de BISIAU-JENART, en 1902 à celui de BISIAU (à cette époque, la brasserie produisait 5 000 hl) et en 1927 à celui de BISIAU-ROMBAUX, jusqu'à la cessation d'activité en 1939. La brasserie est désaffectée, la touraille de la malterie a disparu.
SAINT PYTHON
Au 46 rue Joffre, s'est construite en 1913, la GRANDE BRASSERIE COOPERATIVE DE SOLESME. En 1952, elle change de raison sociale et prend la dénomination de BRASSERIE DE L'UNION DES COOPERATEURS DE LA SELLE ET DE LA SAMBRE. Rachetée en 1985, elle devient brasserie de SOLESMES et ferme définitivement en 1988. Le matériel a été modernisé au fil des années : dont en 1954 le matériel nécessaire à la fermentation basse et en 1964 une nouvelle chaufferie et une salle d'embouteillage. Elle est l'une des première brasseries conçues en semi-cascade, utilisant en partie la loi de la pesanteur. Dans cette rue, on peut voir de gauche à droite, la salle des machines, l'atelier de brassage avec, au deux derniers étages, les pièces réservées au concassage et au stockage du malt, le bâtiment au toit à double charpente, qui abritait les bacs de refroidissement.
SAINT VAAST LES SOLESMES
La brasserie COLLERY a été édifiée à la fin du 19ème siècle au 106 rue Jean Jaurès. On la connaît en 1888 sous le nom de MICHAUX COLLERY et en 1902 sous le nom de COLLERY COLMANT. Sa production n'a jamais dépassé 5 000 hl et elle cesse de fonctionner vers 1916. La maison du maître-brasseur est accolée à l'atelier de fabrication qui se résume à une cave surmontée de la salle de brassage. Les écuries et autres dépendances complètent l'ensemble. Sa disposition en « L » rappelle de nombreuses constructions du Cambrésis et on remarque en façade la forme en plein cintre des grandes ouvertures et les jeux de briques.
Un peu plus loin, au 21 de la même rue, se trouve la brasserie RICHEZ, construite en 1893. Elle fonctionnera jusqu'au début de la première guerre mondiale. A l'origine, c'est une ferme-brasserie, on la repère à la pièce de séchage, ou touraille, que coiffe l'unique girouette encore visible dans le Cambrésis. On y voit les ustensiles du brasseur : la pelle servant à retourner le grain pendant la germination, le fourquet ou râteau servant à brasser et le tonneau.
SAINT AUBERT
La brasserie-malterie WALLEZ a été installée en 1869 au 33 de la rue Gambetta par Alexandre WALLEZ, qui y a apposé ses initiales. Puis l'établissement prend le nom de WALLEZ SOYEZ et se dotera vers 1914, d'un tissage, à droite de l'entrée. Elle cessera toute activité en 1940. Elle est repérable au pigeonnier qui surmonte le passage couvert qui marque l'entrée. L'atelier de fabrication comprend une malterie artisanale et une touraille qui a perdu sa toiture et sa girouette, qui représentait un ange musicien. La vaste demeure patronale porte un décor qui la distingue nettement du bâtiment de la brasserie.
AVESNES LES AUBERT
La brasserie CANNONE-FONTAINE se dresse 24 rue Camélinat. Sur le portail d'entrée, on peut voir les initiales du fondateur et la nature de son métier. Fondée en 1824, elle entre dans la catégorie des unités de production moyenne. En 1926, elle produisait 6 000 hl et en 1946, 10 000. Elle cessera de fonctionner dans les années 1950.
QUIÉVY
La brasserie DEHAUSSY, siège actuel de la mairie, place du général de Gaulle, a survécu à la première guerre mondiale et a repris ses activité en 1918 jusqu'en 1945. En 1926, elle produisait 6 000 hl. Le bâtiment montre bien la disposition irrégulière des niveaux qui forme la brasserie en cascade. La niche inoccupée devait abriter un saint protecteur de la profession.
Je tiens à remercier toute l'équipe du "Service Animation du Patrimoine" de la ville de Cambrai qui m'a fourni toute cette documentation et de nombreuses photographies.
à suivre...