La bière et la brasserie... d'hier et d'aujourd'hui
CAMBRAI
La ville recèle encore trois beaux spécimens de brasseries-malteries épargnés par les guerres :
Face au marché couvert, on rejoint l'ancienne place au Bois, aujourd'hui rue Saint-Jacques. La construction de la brasserie-malterie LA CAMBRÉSIENNE remonte à la seconde moitié du 19ème siècle, elle aurait été établie sur le site de l'ancien hôpital Saint-Jacques-au-Bois, qui abritait déjà une brasserie. En 1927, elle était la propriété de M Édouard BIDAULT et produisait, à cette époque, 36 000 hl. Elle est remarquable grâce à son immense touraille. Elle cessera son activité entre les deux guerres. C'était une des plus importantes brasseries du Cambrésis avec une production de 60 000 hl. On note l'utilisation de la polychromie pour le décor en céramique se sa façade. Sous l'arc d'une fenêtre apparaît la tête du légendaire roi Gambrinus.
Établie rue Saint-Georges vers 1805, sur le site d'une autre brasserie du 18ème siècle, la brasserie SAINT GEORGES devint la société par actions WENIS FRERES, FALLEUR et MARISSAL, et son activité s'arrêtera en 1940. La brasserie proprement dite a été détruite, ne subsiste que la malterie avec sa touraille carrée où la cheminée d'aération remplace la girouette. On remarque la forme plein cintre des baies, l'alternance de briques brunes et roses de la corniche et des arcades. La représentation sculptée de Saint Georges terrassant le dragon ou de Saint Michel sans son cheval est unique dans le Cambrésis et rappelle que la tradition brassicole préconise de fabriquer la bière entre la Saint Michel le 29 septembre et la Saint Georges le 23 avril.
Direction Niergnies, rue Saint Ladre, la troisième brasserie est un ensemble du 19ème siècle, composé d'un logement de contre-maître, d'une brasserie-malterie auxquels s'adjoignent bureaux, grande cour, entrepôt, hangar et atelier de réparation... Les immeubles réservés à la fabrication et à l'élaboration de la bière datent de 1890. La brasserie produisait 50 000 hl de bières et de limonades.
En 1905, elle se forme en société coopérative A. CLOEZ & Cie, dite brasserie du XX°. En 1913, elle est dirigée par J. MARISSAL , en 1927 par M. LEFEBVRE-MASSIN et en 1946 par Gustave DELCOUR et Lucien DELFOLIE. La malterie a fonctionné jusqu'en 1969, la brasserie jusqu'en 1972, date à laquelle elle occupait une soixantaine d'ouvriers. Elle fut reprise à cette même date par la G.B.M. De Roubaix (59). On remarque le symbole « XX° » sur les bâtiments construits après 1900. Une partie de l'usine a été détruite en 1994.
MARCOING
La brasserie RIONDEL dite de SAINT ROCH est installée en bordure du canal de Saint Quentin. C'est une ferme et brasserie à la fois qui date de 1813 ou 1817 et l'ensemble a été remanié au fil du temps. L'atelier de fabrication est assez imposant ; on y retrouve les ouvertures en plein cintre à meneaux métalliques. La cheminée, le grenier à grain et l'entrepôt sont témoins de l'activité brassicole. La brasserie cesse de produire pendant la seconde guerre mondiale.
Face à la mairie, se dresse la brasserie-malterie BOULANGER dite aussi de l' EAUETTE, reconnaissable à sa cheminée carrée. Aménagée successivement en ensemble brassicole, le petit atelier de fabrication apparaît démesuré à côté du logement patronal imposant. Cette brasserie a cessé toute activité vers 1950.
AUBENCHEUL AU BAC
Située face à la mairie, la brasserie-malterie SOLAU est fondée en 1873 et fonctionne jusqu'en 1969. Il ne subsiste qu'une infime partie de l'ancienne malterie, qui accueille actuellement le service animation du village. En face de ce bâtiment où alternent pierre blanche et brique, s'élèvent la ferme et le logement des anciens propriétaires.
Au 11rue de Marcoing, se tient l'ancienne brasserie GAUTIER-PÉTRIAUX, à côté de la maison des brasseurs aux céramiques colorées. L'atelier de fabrication, dont on aperçoit le pignon portant la date 1887 et l'inscription « brasserie » gravée dans la pierre, est de petite taille. A gauche se trouvait la salle de brassage, à droite la malterie et la touraille qui n'est pas reconnaissable de l'extérieur. C'est la plus petite unité de production de ce circuit. La fabrication a cessé en 1943. La cheminée à été détruite ensuite.
SAILLY LES CAMBRAI
Rue de Sancourt, la brasserie LUCAS-CAVROIS se compose de deux parties situées de part et d'autre de la rue. La ferme et ses dépendances sont disposées autour d'une grande cour. ; le site réservé à l'activité brassicole construit en briques à la fin du 19ème siècle, délimité par un muret, est repérable par la cheminée ; les bâtiments servant au stockage et à la maintenance font face à l'atelier où l'on brassait la bière. Les murs de celui-ci sont découpés en travées reliées entre elles par un arc en plein cintre simulé par la brique.
La brasserie TARLIER-FONTAINE aurait été fondée vers 1838. Détruite en 1914, elle est reconstruite en 1920 et cessa définitivement en 1940, la brasserie étant, à cette date, transformée en dépôt de boissons puis en magasin d'antiquités. La maison patronal a l'aspect d'un manoir flamand avec ses pignons à redents. Ses murs marient la brique et la pierre, seul l'atelier en brique témoigne encore de l'activité brassicole. Les dépendances de la ferme s'articulent autour d'un pigeonnier planté au centre de la cour.
IWUY
A la fin du 19ème siècle, on recensait à Iwuy sept fabriques de bière dont la seule visible aujourd'hui est la ferme-brasserie-malterie fondée par J. MASCAUT. L'atelier de brassage, la touraille de séchage avec sa toiture en forme de pyramide tronquée, le logement du brasseur la distingue d'une simple ferme. Autour de la cour au tracé irrégulier, tous les locaux utiles au fonctionnement de l'entreprise subsistent : écuries, remises à tonneaux, four industriel, cheminée à base carrée. Une minuscule plaque se trouve à l'entrée et signale le nom du fondateur, la date (1876) et l'affectation des lieux.