La bière et la brasserie... d'hier et d'aujourd'hui
Voilà l'idée que l'on se fait d'un moine vivant dans un monastère au Moyen-Age: avant le lever du jour, le moine sort de sa couchette, couvre sa tonsure
d'un chaud capuchon et se précipite à la chapelle pour célébrer les mâtines...
Mais ce que les livres ne mentionnent pas, c'est que certains moines avaient un devoir très
singulier: avant le lever du jour, le moine sort de sa couchette, couvre sa tonsure d'un chaud capuchon et se précipite dans la cave pour brasser la bière pour toute la
communauté.

De nos jours encore, dans quelques monastères, des moines brassent
de la bière. Cette charge permet de subvenir aux besoins de toute la communauté, mais aussi de collecter des fonds et de venir en aide aux autres.
A cette époque, partout la vie était faite de beuveries. Mariages, enterrements, tout était prétexte à la fabrication d'alcool et à sa consommation. Le brassage de la bière était une
occupation domestique et familiale, et les femmes fabriquaient la bière aussi bien que le pain.
Afin d'asseoir son autorité sur la société, l'Eglise cherchait à contrôler les plaisirs comme
les prières, et
les revenus qu'elle tirait de la bière n'étaient pas négligeables. Les moines vendaient leurs bières aux pélerins, faisaient du troc et payaient les différents impôts auxquels ils étaient
assujettis. (au 7ème siècle, l'archevèque de Canterbury a décrété qu'un la¨c chrétien qui avait trop bu devait faire pénitence pendant quinze jours...)
Mais la quantité de bière que devait boire les moines était contrôlée, elle était en général de 4 litres et demi par jour et il n'était pas bien vu d'être ivre. (Au 6ème siècle, il fut
décrété qu'un moine incapable de chanter le psaume du soir de façon cohérente devait renoncer au souper, un novice en état d'ébriété ferait quinze jours de pénitence et un moine expérimenté,
quarante...)
L'Eglise faisait aussi sa loi sur le marché: de nombreux monastères construisirent leur propre brasserie. Certaines de ces brasseries monacales avaient trois salles de brassage. Les moines
préparaient trois sortes de bière en fonction des buveurs. La meilleure était réservée aux hôtes de marques et aux moines de rang supérieur, la deuxième, moins forte, était destinée à la
consommation courante des moines et des employés, quant à la troisième, de moins bonne qualité, était servie aux pélerins de condition modeste.
